[24/01/2018] Soirée d’information : les coopératives énergétiques (HesbEnergie)

[24/01/2018] Soirée d’information : les coopératives énergétiques (HesbEnergie)

Ce mardi soir, nous étions une dizaine de personnes, rassemblées à la salle d’Oteppe, pour écouter Bernard et Jean-Paul d’HesbEnergie, venus nous expliquer les défis de demain (et après-demain) en matière d’énergie.

Les informations furent nombreuses : chiffres ; situation globale ;  fonctionnement d’une coopérative, évocation des diverses coopératives énergétiques en Belgique ;  classement de Greenpeace (où Cociter, dont HesbEnergie est copropriétaire, obtient 4 soleils, le maximum!) ; les étapes, associations et difficultés pour mener un projet ; les relations avec les pouvoirs publics ; la différence entre producteur et fournisseur d’énergie ; les projets concrets d’HesbEnergie et la manière de les soutenir.

Dans cet article, nous allons tenter de vous expliquer au mieux ce que nous en avons retenu.

LE CONSTAT DE BASE ET LA CRÉATION DE LA COOPÉRATIVE

Il est vrai que nous nous posons souvent des questions quant à l’origine et à la qualité des produits d’alimentation, mais plus rarement lorsque cela touche d’autres domaines, comme celui de l’énergie, pourtant central (excusez le jeu de mots) dans notre quotidien.  Quelques chiffres?  Les pays scandinaves sont clairement en tête dans l’utilisation d’énergie renouvelable : 51% en Suède par exemple, parfois plus (en Norvège, même si ce pays est hors UE).  L’Allemagne, l’Autriche, le Danemark sont les bons élèves européens également, alors qu’ils n’ont pas forcément un territoire bien plus venteux ou ensoleillé que le nôtre.  Chez notre voisin germanique, 46% des énergies renouvelables sont produites par des coopératives citoyennes : ce sont les nouveaux acteurs qui parviennent à faire bouger les choses, à mener des projets et à concrétiser ce que les pouvoirs publics n’arrivent parfois pas à réaliser, ou trop lentement.

Et quand on sait que plus de 90% de notre énergie provient de pays où les droits de l’homme et/ou les conditions de travail sont souvent pointées du doigt par les ONG, le temps n’est-il pas aussi à une action concrète pour tenter de se détacher – dans la mesure de nos possibilités – de notre dépendance envers ces pays, tout autant que vis-à-vis des énergies fossiles?

Partant de ce constat, HesbEnergie a été créée en 2013 et a développé une dizaine de projets, essentiellement autour de l’éolien.  Pourtant, les problèmes sont nombreux : les recours au conseil d’état sont courants et il faut parfois deux ans pour que la décision (souvent défavorable) tombe, avec la nécessité de reprendre le dossier au début, en corrigeant les détails qui ont été recalés (parfois dus à l’administration wallonne).  Cela ressemble à un parcours du combattant dans lequel la meilleure arme est la patience et la ténacité.  Pourtant, fonctionner en coopérative montre – c’est le cas d’analyses menées en Flandres où les coopératives énergétiques se portent bien – diminue sensiblement les préjugés négatifs des riverains sur l’installation d’éoliennes.  Ce sujet a d’ailleurs été abordé par la Fédération inter-environnement.  Un exemple?  L’idée que des éoliennes implémentées à proximité d’habitations diminuent la valeur de celles-ci n’est vrai que de manière très relative (faible diminution) et temporaire (la valeur remonterait après quelques mois pour revenir à son niveau antérieur).

En Wallonie, plus d’une dizaine de coopératives se sont déjà développées et le Comptoir Citoyen des Énergies a été créé pour permettre à ces producteurs de vendre leur énergie à un fournisseur fidèle à leur philosophie.  La boucle est ainsi bouclée :

-> les citoyens peuvent investir dans une coopérative en achetant des parts (125 euros / part chez HesbEnergie),

-> les coopératives produisent de l’énergie qu’elles vendent à Cociter dont elles sont co-propriétaires,

-> Cociter vend l’énergie aux citoyens avec un tarif préférentiel pour les coopérateurs.

Et au niveau du prix du kW/h?  Sans être forcément le moins cher (surtout par rapport à des offres temporaires de certaines grandes multinationales), Cociter reste certainement concurrentiel, surtout lorsque l’on sait que l’essentiel du prix que l’utilisateur paie est dépendant de l’intercommunale qui gère son réseau (Resa pour nos communes).

LES PROJETS

Et concrètement, quels sont les projets d’HesbEnergie?  Ils sont développés dans la vaste région qui s’étend du centre du Brabant wallon à Liège (la Hesbaye, vous aurez compris).  Précisons par exemple qu’une vaste zone au milieu ne peut accueillir aucune éolienne car il s’agit d’une zone d’entraînement militaire à destination notamment des hélicoptères…  Il faut savoir composer avec ces éléments aussi.

Bon, pour l’instant, HesbEnergie ne produit pas encore d’énergie, tout simplement parce qu’un projet est très long à se concrétiser : après le choix de l’endroit, il convient de s’associer à un grand producteur car on n’installe pas une éolienne mais bien un parc d’au moins trois (une coopérative ne peut supporter le poids financier d’un tel investissement et les multinationales ont des moyens d’étude et de négociation qui les rendent souvent incontournables) pour tout ce qui concerne les permis et les études préparatoires ; ensuite, le dossier est analysé par la Région wallonne (qui pousse ces initiatives puisqu’elle a des perspectives chiffrées à atteindre pour 2020 et au-delà (Wallonie zéro carbone en 2050) ; c’est là notamment que la multinationale partenaire gagne à s’associer à une coopérative, dont l’image est favorable auprès des pouvoirs publics) puis par d’autres organes étatiques.  Si le projet ne subit aucun recours, il faut encore entre 15 à 18 mois pour ériger une éolienne, dont le coût est d’environ 3 à 4 millions d’euros.  Une coopérative ne s’associe à une multinationale que si elle s’y retrouve en terme de valeurs, bien entendu, et la décision est entérinées par les coopérateurs eux-mêmes.  Parfois, ce sont même les multinationales qui viennent demander à une coopérative de s’associer à un projet ; il faut dire aussi qu’il est difficile de trouver un endroit où le foncier n’est pas déjà réservé (concession) par un grand groupe.

Les coopératives s’associent donc presque toujours pour construire une même éolienne, puis elles s’associent avec une multinationale pour mener toutes les tâches précédents la construction.  Une fois l’éolienne en place, il n’y a plus aucun lien entre le producteur international et la coopérative.   Citons cependant deux projets pour lesquels les coopératives – dont HesbEnergie – se sont unies, sans le secours d’une multinationale : deux concessions d’aires d’autoroute le long de la E42, Bois du Guard et Genotte.

HesbEnergie ne produit pas encore d’électricité mais la fin 2018 – début 2019 verra normalement la situation changer : le projet d’une éolienne à Fernelmont a été validé et la construction a commencé en automne 2017.  Le permis est définitif et, si tout va bien, 16% de sa production appartiendra de fait à HesbEnergie.

Au vu des nombreuses difficultés et de la longueur d’un projet, toutes les coopératives se dispersent dans plusieurs projets (plus d’une dizaine pour HesbEnergie) : quelques oeufs dans de multiples paniers, en somme.  D’ailleurs, les représentants d’HesbEnergie ont précisé que les membres du conseil d’administration de la coopérative étaient tous bénévoles et payaient même leurs frais de déplacement personnellement, afin de réduire tout impact financier tant que la coopérative ne produit pas d’énergie.

MAIS ENCORE…

Nous avons abordé bien d’autres éléments durant la soirée : distinction entre énergies primaire et secondaire, passage en revue des projets, notamment certains qui ne sont pas éoliens (HesbEnergie peut jouer le rôle de tiers-investisseur pour installer des panneaux photovoltaïques sur des bâtiments institutionnels, comme une école à Louvain-la-Neuve), diverses comparaisons (le coût du Mw/h en Angleterre qui a des projets de nouvelles centrales nucléaires) ou encore les voitures électriques.  Vous avez acquis des parts de la coopérative et vous souhaiteriez en rendre l’une ou l’autre?  S’il s’agit d’une raison d’urgence, cela peut se négocier avec le CA (proposition faite aux autres coopérateurs ou aux nouveaux clients d’acheter ces parts).

Si vous voulez en savoir plus n’hésitez pas à nous envoyer un mail à braives-burdinne@reseautransition.be ou bien à prendre directement contact avec HesbEnergie, pour peut-être venir grossir les rangs des 8000 coopérateurs?  Car être coopérateur, c’est pouvoir faire entendre sa voix lors des Assemblées Générales, à propos des divers projets et des décisions à prendre.  L’esprit d’une coopérative, c’est aussi la démocratie participative.  Et rappelons que la Région wallonne doit atteindre 13% de production d’énergie renouvelable pour 2020, alors qu’elle stagne à 8% actuellement (5,1% en 2011)…

Pour rappel, une éolienne, c’est :

  • 1 000 m3 de mazout à importer en moins annuellement (outre le co2 non produit)
  • la production d’électricité pour environ 2 000 ménages (3.5 MW annuellement environ),
  • un investissement qui permet également d’obtenir des revenus qui peuvent ensuite être réinvestis.

Vous souhaiteriez que soit organisée une séance d’information sur un autre thème?

N’hésitez pas à prendre contact avec Braives-Burdinne en Transition pour participer à la création de cette activité !

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